Abdel

Publié le par Véronique Dupuy

Abdel

 

Depuis que nous sommes arrivés dans ce village de France, je vais à l’école primaire. J’apprends le français en écoutant les autres enfants, c’est amusant. Parfois, la maîtresse me corrige quand je parle comme les copains de ma classe.Elle est gentille, cette maîtresse. Dans mon pays, il n’y avait que des maîtres, des religieux. Ici, elle veut que tous les enfants l’appellent par son prénom « Catherine ».

Demain, nous allons visiter une exposition dans la campagne ; les autres ont dit que c’était du Land Art, je ne comprends pas bien. Si je suis un peu anxieux c’est que c’est loin de l’école et même du village. Comment y aller ?

Je m’endors en pensant à ce voyage, en voiture, en train ou à pied ? J’ai peur.

Quand je me lève ce matin de mai, maman me prépare des sandwiches à la mode française avec du pain blanc, du pain de mie. C’est vrai que c’est mou et qu’il n’y a que de la mie.

L’école est juste en face de l’appartement. Quand je sors dans la rue, devant l’école, il y a un bus rouge et jaune. Je m’accroche au mur ; non, je ne veux pas monter là-dedans. Et s’il y avait des soldats ? Et sur la route que je ne connais pas, s’il y avait des mines, comme chez nous ?

Je suis obligé de suivre. La maîtresse me fait asseoir devant, juste à côté d’elle. Elle est gentille mais j’ai quand même peur. J’ai mal au cœur. Elle m’a donné un sac en plastique mais je ne vomis pas. Je serre les dents.

Ouf ! l’arrivée. Je descends le premier et là, oui je vomis. Il n’y a pas eu de soldats, pas de mitraillettes, mais, il y aura le retour… On a peut être éviter les mines à l’aller ?

Publié dans Nouvelle

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