quatre textes courts

Publié le par Sylvie Porcher

quatre textes courts

 

« Il y avait une lampe qui brûlait depuis des années » Boris VIAN- Je voudrais pas crever.

Il y avait une lampe qui brûlait depuis des années devant le porche qui se délitait sous la houle du temps. Elle sentait le pétrole et sa petite flamme jaune dansait sans jamais s’arrêter : Toujours le même rythme et la même ondulation qui captivait le passant. Rassurante et bienveillante, elle vacillait au gré du vent et illuminait celui qui attendait silencieusement depuis si longtemps.

Figé dans son carcan de pierre, il observait et guettait sans jamais faillir. Il était là, bien présent pour soutenir celle qui l’accompagnait et le frôlait avec ses ailes de feu.

Dans sa cage de lumière, la danseuse s’amusait et riait en le touchant encore et encore.

L’entrée, tout à l’heure sans vie, s’éveillait enfin grâce au bonheur de ces deux-là. 

 

« Les Champs étaient nus » Catherine POULAIN- Le cœur blanc.

Les champs étaient nus. Seuls quelques brins de lin courbaient l’échine sous le vent content.

Briser le reste en hurlant, voilà ce qu’il voulait le méchant !

Mais, les hautes tiges légères se balançaient délicatement dans la courbe du temps.

Elles avaient résisté à la machine et c’était suffisant. Heureuses, elles reprenaient leur jeu avec le vent.

C’était un grand moment quand Eole envoyait toute sa puissance sur le champ en se précipitant sur les petites fleurs bleues. Les pétales fragiles quittaient  alors leur nid douillet.

Mais la tige, toujours présente se relevait encore, bien vivante, semant ses graines au grès du vent pour que la future moisson dore au soleil éblouissant.

 

Rêverie

Petit café chaud du matin sans baratin. Seul, le paysage serein l’accompagne sans fin.

Le temps s’effrite doucement et les oiseaux virevoltent sans vent.

La douceur me prend et m’enveloppe d’une laine de torpeur qui m’endort paisiblement.

Le sommeil m’emporte loin du temps qui s’égrène et j’oublie ce que je suis.

Mais lorsque mon œil perce à nouveau la nuit, je retrouve la beauté de ce petit jardin.

Petit café chaud du matin sans baratin. Seul, le paysage serein l’accompagne sans fin.

 

L’orange

Rien que l’odeur, c’est noël

Sa saveur, c’est du miel

Sa couleur, c’est du soleil

Sa rondeur, c’est merveille

 

Quand sa peau pétille

Lorsqu’on la déshabille

Elle nous rafraîchit 

Et nous sommes ravis

 

C’est elle que l’on trouve

Aujourd’hui partout

Sa gentillesse le prouve

Et on lui demande beaucoup

 

J’ai nommé ici l’orange

Celle qui pleure

Quand on la mange 

 

Sylvie PORCHER

Publié dans nouvelles

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