DANS LA NUIT

Publié le par Régine SIMONNEAU-MARIE

DANS LA NUIT

 

DANS LA NUIT

 

CONSIGNES ATELIER CLAUDIE

Texte à partir d’un mot tiré au hasard : enchifrené.

 

La nuit est sombre. Les lampadaires éteints. La rue brillante est glissante. Il est tombé des tonnes d’eau. Les habitants sont calfeutrés chez eux derrières leurs volets clos par où passent des éclairs de lumière. On entend les télés allumées si on longe les murs de près.

Loïc avance à pas lents dans les rues de Surgères assoupie. Il a froid, il est seul, il a le nez qui coule et s’essuie de sa manche. Oublié de tous, abandonné sur le macadam, sans but, ni perspective, ni désir, autant dire sans vie, il atteint ce soir le fond de la misère.

Son nez qui coule comme une fontaine est ce qui le gêne le plus. On dirait que les larmes lui sortent toutes en même temps par le nez ce soir... Les vêtements imprégnés d’humidité il a froid. S’il savait où elle se trouve Loïc irait à la rivière faire le plongeon final, mais il n’a pas le sens de l’orientation…

Tiens, quelqu’un. Un homme qui sort son chien. Ce n’est pas un temps à mettre un chien dehors, les gens sont inhumains… Loïc est pris d’un rire sinistre. L’homme se retourne et va droit sur lui d’un pas résolu en tirant derrière lui le chien qui tentait de lever la patte. 

  • Qu’est-ce que vous faites dehors à cette heure sous la pluie ? Vous n’avez même pas de chien à faire pisser !

  • On n’est pas en démocratie ?

  • Dîtes pas de bêtises. Vous êtes malade, ça se voit, vous comptez aller où comme ça ?

  • Nulle-part. Je n’ai pas trouvé la Charente alors…

  • Suivez-moi plutôt. Je cherchais quelqu’un pour partager un bon grog avec moi. Vous tombez bien.

 

Régine SIMONNEAU-MARIE

Publié dans Nouvelle

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